Chronologie établie d’après les sources croisées :
Solange Ghernaouti-Hélie & Arnaud Dufour, Internet, Presse Universitaire de France, 10e éditions 2006
Katie Hafner et Matthew Lyon, Les sorciers du Net, Les origines de l’Internet, Calmann-Lévy 2006
Wikipédia.org
Jean-David Boussemaer, Mémoire de maîtrise : « L’Interactivité dans le Web-art », Grenoble, juin 2003
Nicolas Thély, Esthétique de la webcam, www.reseaux-creation.org
Thomas Ka, Les livres sur les blogs, www.pointblog.com/livre
et l’Internet…
Préhistoire :
-Août 1962, Les mémos que J.C.R. Licklider du Massachusetts Institute of Technology (MIT) sont les plus anciens textes décrivant les interactions sociales qui seraient possibles avec un réseau d’ordinateurs. Cela devait notamment faciliter les communications entre chercheurs du Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA).
-octobre 1962, Licklider est le premier chef du programme de recherche en informatique du DARPA. Il persuade ses successeurs Ivan Sutherland, Bob Taylor et le chercheur du MIT Lawrence G. Roberts de l’intérêt des réseaux informatiques.
-1961, Leonard Kleinrock du MIT publie le premier texte théorique sur les télécommunications par paquets et en 1964 le premier livre sur le sujet.
-1965, Lawrence G. Roberts teste avec Thomas Merrill la première connexion informatique à longue distance entre le Massachusetts et la Californie. Ils montrent que des ordinateurs peuvent travailler ensemble à distance, mais que le mode de télécommunication est inadapté. Le concept de communication par paquets de Kleinrock s’impose donc.
-1966, Roberts est engagé par Taylor au DARPA pour concevoir l’ARPANET. Il publie les plans en 1967. Deux autres groupes de chercheurs travaillant indépendamment sur le même sujet : un groupe du National Physical Laboratory (NPL) du Royaume-Uni avec Donald Davies et Roger Scantlebury, et un groupe de la RAND Corporation avec Paul Baran.
-entre 1962 et 1965, le groupe de la RAND étudie la transmission par paquets dans un réseau non centralisé pour l’armée américaine afin d’obtenir un réseau résistant même à une attaque atomique. Il s’agit d’un projet indépendant d’ARPANET car ARPANET n’a été conçu que pour faciliter les télécommunications entre chercheurs. C’est l’origine du mythe d’« ARPANET comme dernier rempart à une attaque atomique ». Pendant ce temps-là, au British National Physical Laboratory, l’équipe de Donald Davies progresse : NPL Network, le premier réseau maillé fondé sur la transmission de datagrammes (packets) est fonctionnel. Mais l’histoire d’Internet n’a pas été écrite par les Européens : ARPANET sera désormais l’origine officielle d’Internet.
-août 1968, le DARPA accepte de financer le développement du matériel de routage des paquets d’ARPANET. Ce développement fut confié en décembre à un groupe de la firme BBN (Bolt Beranek and Newman) de Boston. Ce dernier travailla avec Robert E. Kahn (Bob Kahn) sur l’architecture du réseau. Roberts améliore les aspects topologiques et économiques du réseau. Kleinrock prépare des systèmes de mesures du réseau.
-septembre 1969, BBN installe le premier équipement à l’université de Californie (UCLA) où travaille Kleinrock. Le second nœud du réseau est installé au Stanford Research Institute (SRI) où travaille Doug Engelbart sur un projet d’hypertexte. Deux nœuds supplémentaires sont ajoutés avec l’université de Santa Barbara et l’université de l’Utah.
-fin 1969, ARPANET compte donc quatre nœuds.
-décembre 1970, Le Network Working Group (NWG) conduit par Steve Crocker finit le protocole de communication poste-à-poste NCP.
-1971 et 1972, ce protocole est adopté entre les sites branchés à ARPANET. Ceci permet le développement d’applications par les utilisateurs du réseau.
Histoire :
-1972, Ray Tomlinson met au point la première application importante : le courrier électronique.
-1972, Kahn organise la première démonstration publique d’ARPANET à l’International Computer Communication Conference (ICCC). Le concept d’Internet est né d’ARPANET, c’est à dire permettre la connexion entre des réseaux divers, des communications avec les satellites et des communications par radio. Cette idée fut introduite par Kahn en 1972 sous le nom d’Internetting. Le protocole NCP d’ARPANET ne permettait pas d’adresser des hôtes hors d’ARPANET ni de corriger d’éventuelles erreurs de transmission. Kahn décida donc de développer un nouveau protocole, qui devint finalement TCP/IP. En parallèle, un projet inspiré par ARPANET était dirigé en France par Louis Pouzin : le projet Cyclades. De nombreuses propriétés de TCP/IP ont ainsi été développées, plus tôt, pour Cyclades. Pouzin et Kahn indiquent que TCP/IP a été inspiré par Cyclades.
-1973, Kahn demande à Vinton G. Cerf (Vint Cerf) (parfois appelé père d’Internet) de travailler avec lui, car Cerf connaissait les détails de mise en œuvre de NCP. Le premier document faisant référence à TCP est écrit en 1973 par Cerf : A Partial Specification of an International Transmission Protocol.
-décembre 1974, la version initiale de TCP ne permettait que la communication en établissant un circuit virtuel. Cela fonctionnait bien pour le transfert de fichiers ou le travail à distance, mais n’était pas adapté à des applications comme la téléphonie par Internet. TCP fut donc séparé de IP et UDP proposé pour les transmissions sans établissement d’un circuit.
-1979, Invention des forums de discussion « Usenet », quasi-inconnu des nouveaux utilisateurs de l’Internet, ils sont pourtant encore en activité, innombrables et très fréquentés. C’est le premier modèle de « lieu partagé ».
-1983, 562 nœuds sont interconnectés.
-fin des années 1980, la NSF (National Science Foundation) qui dépend de l’administration américaine, met en place cinq gros centres informatiques auxquels les utilisateurs peuvent se connecter, quel que soit le lieu où ils se trouvent aux États-Unis : ARPANET devient accessible sur une plus grande échelle.
Modernité :
-début des années 1990, après une mise à niveau matérielle et ligne importante, le réseau s’ouvre au trafic commercial. C’est la véritable naissance d’Internet tel que nous le connaissons aujourd’hui : le réseau reliant tous ces réseaux parle le même langage, la norme TCP/IP (Transmission Control Protocol/Internet Protocol) qui permet à des ordinateurs différents de communiquer aisément entre eux.
-1991, une application permettant de publier sur le réseau voit le jour : Gopher, installé dans des centaines d’universités et de bibliothèques.
-1991, La première webcam surveille le niveau de la machine à café du département des sciences informatiques de l’université de Cambridge, puis elle est connecté à Internet de 1993 au 22 août 2001.
-1992, un million de nœuds connectés.
-1993. Premier navigateur WEB : NCSA Mosaic. Premier moteur de recherche : Aliweb
-1993 -95 : Philippe De Jonckheere lit de façon compulsive tous les articles du « Monde diplomatique » à propos des « autoroutes de l’information », il reste sur son sentiment que l’on décrit un monde futur qui devra attendre encore une bonne vingtaine d’années.
-1994, Une équipe venant de NCSA Mosaic créé Netscape Navigator, le premier véritable navigateur commercial distribué à grande échelle et fonctionnant sur des ordinateurs personnels. Dès son lancement, il connaît un succès fulgurant, reléguant vite son ancêtre Mosaic aux oubliettes. Lancement des moteurs de recherche WebCrawler,Infoseek, et Lycos .
-1994, Web-Art en ligne :
Kéo, l’oiseau archéologique du futur futur de Jean-Marc Philippe,
Synergy : corpse de SITO (janvier à mars 1994),
Hypart de Klaus Rosenfeld,
he File Room d’Antoni Muntadas
Waxweb de David Blair et Tom Meyer,
PANICS sessions de SITO
-octobre 1994, Naissance du W3C, consortium fondé en octobre 1994 pour promouvoir la compatibilité des technologies du World Wide Web telles que HTML, XHTML, XML, RDF, CSS, PNG, SVG et SOAP. Le W3C n’émet pas des normes au sens européen, mais des recommandations à valeur de standards industriels. Avec le W3C commence une guerre d’influence entre intérêts privés et collectifs. Le W3C espère un WEB support commun, conformément à ce pour quoi l’Internet a été créé -langage commun entre ordinateurs différents -s’opposant aux intérêts particuliers, économiques ou politiques qui tendent à verrouiller les formats. L’histoire n’est toujours pas écrite, et l’on peu considéré les appellations WEB2.0 et même WEB3.0, comme les dernières tentatives d’influencer l’évolution du WEB vers des usages grands publics à visées commerciales détournés.
-1995, Microsoft lance Internet Explorer 1, qui va vite devenir le cauchemar des développeurs en n’en faisant qu’à sa tête.
-1995, il existe 19 000 sites web de par le monde.
-juillet 1995, ouverture de la librairie en ligne Amazon
-8 aout 1995, Claude Klosky met en ligne un site Web-Art : jodi.org
-1996, il existe 1 000 000 de sites web de par le monde.
-1996, Jennifer Ringley installe une vieille camera de vidéo surveillance chez elle pour diffuser 24 h/24 des images de son quotidien. Elle initie ainsi le véritable phénomène « exhibitionniste » que représente la webcam. D’un simple gag de scientifique, la machine à café surveillé, la webcam devient un immense phénomène de société. Exhibition de l’intimité et voyeurisme deviennent des pratiques courantes pour une population d’accrocs qui interroge encore les sociologues.
-1998, naissance du moteur de recherche Google
-1999, l’émission Big Brother produite par la société néerlandaise Endemol bouleverse le paysage audiovisuel mondial. C’est un jeu où 12 participants sont enfermés pendant plusieurs semaines sous surveillance continue d’un système vidéo. Le créateur de l’émission dit s’être inspiré de la mode des webcams.
-août 1999, le premier service en ligne qui offre des outils permettant de publier des choses sur le web : Blogger facilite la publication d’un blog (ou weblog). Avant Blogger, publier un Blog demandait des compétences techniques.
-2000, déjà 10 000 000 sites web…
L’internet contemporain :
-mars 2000, CRACK : la « Bulle Internet » explose (Bulle Internet : nom de la bulle spéculative autour des « Start-Up », ces nouvelles entreprises orientées Internet). Cet échec de jeunesse de l’économie sur le réseau est entièrement lié à l’incompréhension des financiers devant un phénomène technologique et social nouveau. Cette incompréhension rappelle celle, originelle, des militaires américains qui espéraient des retombés guerrières immédiates du premier réseau. Au moment de la formation de la bulle spéculative, l’engouement irrationnel est tel que des capitaux arrosent des entreprises qui ne vendent rien, n’offre aucun service, ne dégage aucun bénéfice publicitaire… Il est décidément inscrit dans le destin du réseau d’être financé pour des mauvaises raisons, mais pour des bons résultats. Le malentendu a protégé l’avènement de quelque chose qui sinon n’aurait jamais eu lieu.
-15 janvier 2001, lancement du projet Wikipédia, l’encyclopédie libre et partagée.
-Printemps 2002, le projet Firefox, premier navigateur libre, commence sous l’apparence d’une branche expérimentale du projet Mozilla conduite par David Hyatt et Blake Ross8.
-2004, 57 000 000 sites web…
-dimanche 14 mars 2004, L’internet associé au SMS des téléphones portables change le cours des élections législatives espagnoles, alors que l’ombre d’Al-Qaïda plane sur l’attentat commis à Madrid, le chef du gouvernement José Maria Aznar essaye d’accuser l’organisation basque armée ETA. Les communications numériques colportent l’information sur l’implication d’Al Quaïda et permettent l’organisation de manifestations monstres en quelques heures.
-12 septembre 2005, Le Blog de MAX devient un livre « papier ». Cette publication, véritable réussite commerciale pour son auteur, va tuer le vrai « Blog de MAX » qui devient un espace publicitaire pour la vente du livre…
-2006, 101 000 000 sites web
-29 juin 2007, Lancement aux États-Unis du premier Iphone d’Apple, qui va simplifier (à défaut de véritablement démocratiser) l’accès au web sur téléphone (qui préexistait) et apporter la navigation « avec les doigts », nommée « multitouch » par le fabriquant.
-30 juillet 2007, 6,574,666,417 humains sur terre. 1,173,109,925 internautes
-août 2007, lancement du moteur de recherche Spock.com spécialisé dans la recherche de donnée individuelle…
-Mars 2008, le président de la République française créé à l’Élysée un poste de surveillance de son image sur le Web. La nomination de Nicolas Princen va défrayer la chronique, ou plutôt la Blogosphère française qui voit d’un œil semis inquiet, semis ironique, cet étrange « regard du pouvoir ». Cette création de poste passe vite pour une maladresse ambiguë et à même de favoriser tout les fantasmes. Du point de vu de l’ampleur du réseau, elle est surtout d’une grande vanité.
- Le 8 juillet 2008, de nombreux grands noms de l’informatique (dont Microsoft, Cisco, Sun, Alcatel, Apple, IBM et bien d’autres) ont mis en ligne un correctif pour colmater une énorme faille dans le fonctionnement d’Internet. La faille, découverte par le chercheur Dan Kaminsky, touche l’un des fondements du réseau, le protocole DNS. Elle permettait a des pirates de manipuler les redirections de nom de domaine. Afin de ne pas rechercher les mêmes correspondances entre adresses IP et adresses web plusieurs milliers de fois par heure, la plupart des serveurs DNS stockent en mémoire, dans un cache, les correspondances connues. Au fil des années, plusieurs vulnérabilités de ce type de caches ont été découvertes (la principale étant l’identifiant unique de chaque correspondance, généré à partir d’un chiffre aléatoire, qui n’était pas si impossible à prédire), permettant à des pirates de les infiltrer pour y remplacer des correspondances. Jusqu’à présent, toutes les vulnérabilités ont été corrigées. Le problème découvert par Dan Kaminsky, corrigé par la plupart des constructeurs informatiques, était une combinaison des attaques connues.
-10 juillet 2008, R.J. Pittmann, directeur produit des services Consumer Search de Google, a estimé à 1 000 milliards le nombre d’images et photos disponibles en ligne sur le Web
-30 juillet 2008, Revenant sur une promesse de leur laisser une liberté totale pendant les Jeux, la Chine a décidé de censurer l’internet utilisé par les médias pendant les jeux Olympiques de Pékin. « Pendant les jeux Olympiques, nous fournirons un accès à internet suffisant pour les journalistes », a indiqué Sun Weide, porte-parole du comité d’organisation des JO. Mais il a confirmé que les journalistes n’auraient pas accès à des pages ou des sites contenant des informations sur le mouvement spirituel Falungong, qui est interdit en Chine depuis 1999. Il a également indiqué que d’autres sites ne seraient pas accessibles à la presse, sans préciser lesquels.
-début août 2008, L’un des plus gros piratages de l’Internet : La vidéo de la répétition de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Pékin (Begin) est diffusée sur le Web, provoquant la colère du gouvernement chinois.
-4 août 2008, Le premier index de Google comprenait 26 millions de pages, environs 8 milliards de pages en 2005 après avoir passé la barre du milliard en 2000. Aujourd’hui, un post sur le blog officiel du moteur estime que le Web présente la bagatelle de mille milliards de documents ! Ou plus précisément, mille milliards d’adresses menant à des documents. Ce chiffre représente le nombre de pages web « connues » de Google avant traitement.