Kyle Baker n’a publié que cinq albums depuis 1988, mais s’est toujours ingénié a rester un espèce d’ovni inclassable dans la vaste et impitoyable galaxie des comic books américain. Impossible de caser l’un ou l’autre de ses opus que ce soit dans le courant « mainstream » (grosso modo les super-héros et tous leurs avatars de chez Marvel ou DC) ou dans l’édition indépendante. Il n’y a qu’a voir les sujets traités, attention y en a pour tous les gouts : dans l’ordre, comédie satirique (The cowboy Wally Show), road movie existentiel (Why i hate Saturn), polar New Yorkais (You are here), thriller médical (I die at midnight) pour finir sur une fresque biblique (King David).
Kyle Baker a fait ses armes dans un grand studio d’animation : expérience frustrante puisque la pluparts des projets sur lesquels il s’est collé n’ont pas aboutis. Mais pas totalement inutile puisqu’il y a puisé ce qui fait désormais sa marque de fabrique : un dessin du plus pur style cartoon mais résolument pour adultes. Pour accentuer la chose, tous les dialogues se retrouvent relégués au bas de chaque image. Pas trop novateur de prime abord (après tout Topffer ne faisait ni plus ni moins il y a plus d’un siècle) sauf que le monsieur s’amuse à y rajouter les onomatopées et meme si nécéssaire des indications d’ambiance.

Le style Baker est sans doute au mieux de sa forme dans « You are here », publié chez DC Comics. Pour résumer : Noel Coleman, ancien truand rangé depuis un an, revient à New York quelques jours pour vendre son ancien appartement. Problème numéro un : il est recherché par la police. Problème numéro deux : sa fiancé qui ne connait rien de son passé, décide de le rejoindre par surprise. Problème numéro trois : un sérial killer (Robert Mitchum en guest-star, plus vrai que nature sorti tout droit de « La nuit du Chasseur ») se rappelle subitement à son bon souvenir….
Ambiance à la Scorcese assurée avec comme moment d’anthologie une démonstration comme quoi le footing à New York avec une bouteille de gaz-oil à l’heure de la sortie des bureaux est fortement déconseillé. Précisons enfin, que seul « Why i hate Saturn » a été traduit en français (« Pourquoi je déteste Saturne », chez Delcourt) mais que tous ses titres sont disponibles dans des boutiques de vente en ligne comme Amazon. Et enfin, que le Baker dispose aussi d’un site a lui où vous pourrez vous faire une meilleure idée du bonhomme que ces quelques lignes que vous venez de vous taper : kylebaker.com La prochaine fois, on reste chez les anglo saxons, je causerai de Liberty Meadows….