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Par téléphone

Longue conversation au téléphone avec mon ami Alain François. Nous avons d’abord évoqué nos travaux de collaboration dans le Portillon et sans doute la difficulté de faire vivre le site quand Alain notamment est débordé de travail par ailleurs. De fil en aiguille nous en arrivons à ce constat, somme toute habituel, de l’absence complète de reconnaissance dont jouit le web art en général &#151 en fait l’un des sujets de prédilection du dialogue que j’ai avec mon ami Alain relève habituellement des Arts plastiques, mais il arrive tout de même souvent que nous discutions aussi de ce qu’il se passe sur la toile et de nos plus récentes découvertes &#151 et ces derniers temps, j’ai passé de très bons moments avec Visual poetry (c’est en Anglais mais on peut le faire fonctionner avec n’importe quelle autre langue, les résultats sont d’autant plus déconcertants). Et toujours de se demander pourquoi certaines des plus belles trouvailles sont tout de même promises à l’oubli, quand justement en matière d’arts plastiques les musées, et notamment Beaubourg ces derniers temps, dans le champ de la photographie contemporaine tout particulièrement, semble s’encombrer d’oeuvres qui auront autant de rentissement dans dix ans que l’oeuvre, par exemple, d’un Garouste aujourd’hui, dont tout le monde avait la bouche pleine dans les années 80. Ce n’est pas seulement une question d’injustice, en tout cas cela ne fait pas partie des injustices qui tuent, mais bien davantage que la preuve que les musées sont désormais dépassés par une tendance qui s’est amorcée aux Etats-Unis dans les années 80 : le marché de l’art réagit plus vite que les acheteurs des musées qui finissent par être à la traîne et ne font plus qu’enterriner justement les choix du marché. Que feront plus tard les musées de toutes ces toiles navrantes de Julian Schnabel achetées dans la précipitation de l’effervescence de la période Schnabel ? Et quelles sommes folles y ont été englouties ! Les musées ne s’intéressent pas au web art pour une raison finalement assez simple, le web art ne produit pas d’objes à proprement parler et a toujours tenu en respect le marché qui le lui rend très bien par une méfiance épidermique. Il y a presque vingt ans on trouvait encore des personnes pour s’émouvoir que l’exposition des dix ans de Beauboug ait été sponsorisée par des sociétés privées dont les noms, et pire, les logos, figuraient en bonne place à l’entrée de l’exposition. Aujourd’hui c’est nettement plus simple, ce sont ces mêmes sociétés privées qui du haut de leurs 1% lourds font vivre le marché. Et les musées qui se ruinent à acquérir, dans leur sillage, des oeuvres jetables.

OK pour contre-signer

Juste une chose : Il n’y a nécessairement pas que du jetable dans les achats des musées mais pas facile d’y reconnaître ses petits dans le cycle des modes qui rend tout illisible.

Autre chose :
Je ne suis pas sur que ce soit spécifique à maintenant car les réserves de musée sont remplies d’horreurs très cotées à leur époque.

Pour nous, la fin du 19e c’est les impressionnistes (entre autres). Pour la fin du 19e, les impressionnistes n’étaient rien (je sais, j’ai lu les journaux de cette époque).
Pour moi, la charnière du 20e et 21e est le moment d’internet…
Pour dans 50 ans, la fin du 20e et le début de celui-là seront le « moment » d’avènement du web (et non des resucées d’installations et bricolages en tout genre datant du milieu du 20e)
Suis-je en train de dire que nous avons 50 ans d’avance ?

Al